samedi 23 mars 2019

KATANGA

#3. Dispersion
 
© Dargaud 2019 - Nury & Vallée
Il arrive un moment où il faut bien conclure, terminer ce qui a été commencé ! Et si les diamants sont éternels, les hommes - eux - ne le sont pas !
 
Faire un album sur la guerre est chose courante dans le 9e Art et généralement, elle est magnifiée pour la bonne conscience collective, morale oblige. Ici, le parti narratif du scénariste de Il était une fois en France est quelque peu différent, puisqu’il est question d’un conflit guidé par des considérations avant tout mercantiles.
 
Dans cette province de l'ex Congo belge où le sang coule comme la sueur, Fabien Nury n’exonère personne : Africains et Européens sont sur un pied d’égalité, la cruauté n’a pas de couleur lorsque tant de richesses sont à piller. Sans vouloir faire œuvre de moralisateur, la force de Katanga est d’être crédible, ne serait-ce que par le background historique dans lequel il s’inscrit. Toutefois, bien que de pure fiction, cet album fait comprendre à tout un chacun que les atrocités décrites ici ont été – ou sont encore - commises sous d’autres latitudes et certainement en pire ! 
 
Pour donner vie à une histoire d'où les héros sont absents, Sylvain Vallée fait preuve du juste réalisme dans ses décors et d’une fluidité dans sa mise en page qui ne peut pas être le fruit du hasard. Parallèlement, il exagère volontairement le trait lorsqu’il s’agit des personnages ; jouant des stéréotypes avec une efficacité redoutable, la psychologie de chaque protagoniste transpire dans sa physionomie. 
 
Sur ce dernier volume, Fabien Nury a visiblement refusé la facilité en donnant à la cupidité et au cynisme une place de choix. Immanquablement, ce triptyque – sous ses allures de BD de divertissement - interroge sur la résilience à l’horreur et sur les allégories guerrières. Au pays des hyènes, les loups feraient presque figures d'agneaux !

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