lundi 1 mai 2017

ANTIGONE

© Glénat 2017 - Penet
La dynastie des Labdacides est maudite ! Antigone, fille d’Œdipe, défie le pouvoir du roi Créon en pleurant son frère Polynice, traître à Thèbes. Antigone doit mourir…

Régis Penet cultive la tragédie. Après Lorenzaccio d'Alfred de Musset, voici qu’il s’attaque à un monument de culture hellénique. Au-delà des mots, de la portée philosophique qui demeure ou des passions qui l’animent, il convient de s’attarder sur la dimension esthétique qui remplit l’album. 

Réalisées sur bois et à l’huile, nombre de planches sont d’un réalisme pictural qui les rapproche évidemment plus de la peinture classique que de la bande dessinée. L’emphase propre à la théâtralité antique de l’œuvre voit toutefois sa rigidité adoucie par un effet qui – toute proportion gardée - n’est pas s’en rappeler le sfumato cher aux peintres de la Renaissance. Objectivement, nul ne pourra donc nier la qualité artistique de l’album. Toutefois, ce dernier en vient à prendre des airs de catalogues d’exposition puisque chaque page, chaque case - finalement - se regarde comme un tableau et non plus comme la partie d’un tout qui prend son sens dans la dynamique de lecture. L’œil et l’esprit s’attardent trop souvent sur une composition, un jeu d’ombre, la finesse de la mise en couleurs, la profondeur d’une expression, ou sur quelques anachroniques approximations aussi, pour que le fil de l’histoire ne finisse pas par se rompre. 

Quoi qu’il en soit, le travail de Régis Penet reste et l’émotion qui se dégage,de cet Antigone  le place à part, à la lisière de deux Arts qui présentent de nombreuses similitudes, mais demeurent fondamentalement différents.

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