mardi 10 septembre 2013

Quatre boules de cuir... (air connu)



© Dargaud 2013 - Mariolle & Bourgouin
Jack Doyle est un Irlandais pur malt. Un boxeur qui donne plus qu’il ne reçoit, un mec un peu trop droit pour réussir dans le Milieu.

1933, New-York ! Une bonne rasade de mafia, un zeste de jazz, auxquels s’ajoute une généreuse dose de coups - bas de préférence. Le tout est passé au shaker (surtout pas à la cuillère !) et servi frappé. Voici Blue Note : un polar noir, un rien désabusé.

Avec ce premier volet, Mathieu Mariolle livre un scénario classique sur la forme, profond sur le fond. Engageant un parallèle entre la fin de la prohibition et le crépuscule pugilistique d’une vieille gloire du ring, il décompte les derniers instants de l’une comme de l’autre avant le gong final. Ainsi en est-il d’un homme prêt à revenir à ses vieux démons pour la beauté du noble art. Un idéaliste qui se bat contre la corruption gangrénant une ville qu’il ne reconnait plus, mais d’où se dégagent des mélopées fascinantes. Car Jack apprécie le swing autant qu’il aime les distribuer.

Sur un tel synopsis, Mikael Bourgouin propose un graphisme sobre et violent qui, à la manière d’un uppercut, va à l’essentiel. Son trait dépeint un monde de compromission où la seule couleur est le rouge : celui des shorts, des gants ou, plus prosaïquement, celui qui gicle des pommettes éclatées ou des arcades fracturées ! 

Avec quelques incursions cinématographiques - il y a du Gabin en Coburn - et les prémices d’un second round annoncé comme musical, Blue Note s’inscrit comme l’un des meilleurs albums du moment. "Quatre boules de cuir, et soudain deux qui roulent… Boxe, boxe...".

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