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samedi 29 septembre 2012
Ville de lumière. Qu'ont-ils fait de toi ... (air connu)
Chronique sur l'opus 3 de La Cité de l'Arche : Lumière vive, lumière morte
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jeudi 27 septembre 2012
Saison brune ou l'éternel été...
Billet sur le one-shot Saison brune
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La maison brûle et
nous regardons ailleurs ! Je ne sais plus qui a prononcé cette phrase
(sic) mais depuis les choses n’ont guère évolué et le monde va droit dans le
mur. Pas de panique ce ne sera pas avant 2030… Alors du calme et consommons
tranquilles !
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© Delcourt 2012 - Squarzoni
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Tout à chacun parle du réchauffement climatique, au boulot,
au bistrot, entre amis, mais que savons-nous exactement et que faisons-nous
pour éviter ce qui apparaît comme inéluctable ? Philippe Squarzoni s’est
posé cette question et il a mis 6 ans pour publier sa réponse : un pavé de près
de 500 pages. Essayant de faire un ouvrage didactique plus que militant, il sait
mettre en évidence, de manière simple et attrayante, l’urgence de la situation…
et si tout est déjà joué pour 2030, il est impératif de ne pas manquer la
prochaine échéance (2050). Cruelle inertie d’une planète qui attendra 20
ans avant de nous montrer les conséquences irréversibles de nos erreurs présentes.
Beaucoup a été dit sur cet ouvrage mais deux erreurs sont à
éviter. La première serait de le prendre pour argent comptant, la deuxième
serait de le réfuter (bêtement) en bloc. Cette BD reportage est là pour nous faire
prendre conscience et nous mettre face à nos responsabilités. Après l’avoir lue,
personne ne pourra dire « je ne
savais pas ». À chacun donc de poursuivre sa réflexion et de définir
son périmètre d’action. Mais l’un des problèmes est de faire en sorte que cette
masse d’informations puisse circuler, percoler, vivre et qu’elle ne se limite
pas à tourner en rond au sein des fans clubs de Squarzoni. A ce titre l’expo et
le débat récemment organisés lors du festival à Tours de Bulles est à souligner
… et à dupliquer !
Désormais, personne ne pourra nier l’utilité de prendre le
train, d’éteindre ses lumières ou de préférer la tomate nantaise à celle
produite en Andalousie, mais sommes-nous pour autant prêts à avoir le niveau de vie d’un
habitant de Bombay pour sauver la planète ? A l’évidence non ! Il y a donc encore du pain sur la
planche et urgence à agir un tant soit peu !
A lire et à méditer longuement et… quotidiennement !
Justice sur orbite !
Chronique sur l'opus 5 d'Orbital : Justice
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© Dupuis 2012 - Pellé & Runberg
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Aidés d’Angus, le névronome, et de son pilote, Nina, Caleb et Mézoké ont réussi à détruire le Varosash qui menaçait les cérémonies de réconciliation de Kuala Lumpur. Mais aujourd’hui, les luttes internes qui minent le directoire de la Confédération transforment les héros d’hier en boucs émissaires. Ne pouvant compter que sur Mézoké, pourchassés par de mystérieux terroristes terriens, les deux diplomates de l’ODI se retrouvent, isolés, au centre d’un complot sidéral qui les dépasse...
Depuis avril 2006, Serge Pellé et Sylvain Runberg cosignent l’une des meilleures bandes dessinées de science-fiction contemporaine qui soit. En l’espace de quatre albums, Orbital a su s’inscrire comme une référence incontournable et la comparaison avec Valérian peut être faite sans que l’une ou l’autre n’ait à en rougir. La réussite de cette série est de savoir (re)prendre les canons du genre et de s’autoriser quelques transgressions qui en font tout l’attrait. Ainsi, l’humanité fait figure de parent pauvre d’une Confédération riche de quatre cent vingt-neuf planètes et de sept cent quatre-vingt-deux races différentes et les technologies extraterrestres font passer les humains pour d’indésirables attardés, belliqueux de surcroît. Parallèlement, même si Caleb Swany, le Terrien, et Mézoké Izzua, la(le) Sanjarr, forment un duo diplomatique de choc, il ne faut pas oublier que les deux peuples arrivèrent au bord de la destruction réciproque et que leur collaboration n’est pas des plus naturelles.
Serge Pellé avait véritablement atteint un sommet graphique avec Ravages et son univers pictural est tout simplement bluffant de richesses et d’inventivité. Si Justice ne dépareille pas l'ensemble, il apparaît cependant légèrement en retrait car dessiner des centaines de types d'aliens différents demande une imagination débordante et sans cesse renouvelée et, comme il l’admet lui-même le dessinateur, « … Après, c’est comme tout, il faut se diversifier, on a tendance à voir les mêmes formes revenir sous le crayon. Les tics s’installent dès lors, il faut essayer de pousser un peu pour trouver d’autres concepts qui résonnent avec le récit… ». Ainsi, les faciès animaliers de certains protagonistes comme les masques jokeriens des compagnons de Kristina tranchent quelque peu. Toutefois, les décors et la mise en couleurs - feutres, crayons, gouaches, encres et palette graphique… - sont d’une superbe constance sur les cinq albums et contribuent largement à l’identité visuelle de la série.
Il serait injuste de passer sous silence la qualité du travail de Sylvain Runberg dans la construction du récit. Au delà du fil conducteur qui sous-tend l'action des deux héros d’une mission à l’autre, l'auteur franco-belge enrichit l’album de judicieux sauts temporels qui lèvent le voile sur quelques points restés jusqu’à présent dans l’ombre. Cependant, cet opus laisse une curieuse impression et, bien que le scénario soit fluide, il semble manquer d’une certaine homogénéité, à l’image du contraste qui existe entre le didactique procès de Mézoké et sa fuite pour le moins mouvementée pour retrouver et sauver Caleb.
Justice, album de transition, marque peut-être le pas sur ses prédécesseurs mais demeure d’une belle qualité graphique et scénaristique. De la vraie bande dessinée de science-fiction innovante et terriblement dépaysante.
Depuis avril 2006, Serge Pellé et Sylvain Runberg cosignent l’une des meilleures bandes dessinées de science-fiction contemporaine qui soit. En l’espace de quatre albums, Orbital a su s’inscrire comme une référence incontournable et la comparaison avec Valérian peut être faite sans que l’une ou l’autre n’ait à en rougir. La réussite de cette série est de savoir (re)prendre les canons du genre et de s’autoriser quelques transgressions qui en font tout l’attrait. Ainsi, l’humanité fait figure de parent pauvre d’une Confédération riche de quatre cent vingt-neuf planètes et de sept cent quatre-vingt-deux races différentes et les technologies extraterrestres font passer les humains pour d’indésirables attardés, belliqueux de surcroît. Parallèlement, même si Caleb Swany, le Terrien, et Mézoké Izzua, la(le) Sanjarr, forment un duo diplomatique de choc, il ne faut pas oublier que les deux peuples arrivèrent au bord de la destruction réciproque et que leur collaboration n’est pas des plus naturelles.
Serge Pellé avait véritablement atteint un sommet graphique avec Ravages et son univers pictural est tout simplement bluffant de richesses et d’inventivité. Si Justice ne dépareille pas l'ensemble, il apparaît cependant légèrement en retrait car dessiner des centaines de types d'aliens différents demande une imagination débordante et sans cesse renouvelée et, comme il l’admet lui-même le dessinateur, « … Après, c’est comme tout, il faut se diversifier, on a tendance à voir les mêmes formes revenir sous le crayon. Les tics s’installent dès lors, il faut essayer de pousser un peu pour trouver d’autres concepts qui résonnent avec le récit… ». Ainsi, les faciès animaliers de certains protagonistes comme les masques jokeriens des compagnons de Kristina tranchent quelque peu. Toutefois, les décors et la mise en couleurs - feutres, crayons, gouaches, encres et palette graphique… - sont d’une superbe constance sur les cinq albums et contribuent largement à l’identité visuelle de la série.
Il serait injuste de passer sous silence la qualité du travail de Sylvain Runberg dans la construction du récit. Au delà du fil conducteur qui sous-tend l'action des deux héros d’une mission à l’autre, l'auteur franco-belge enrichit l’album de judicieux sauts temporels qui lèvent le voile sur quelques points restés jusqu’à présent dans l’ombre. Cependant, cet opus laisse une curieuse impression et, bien que le scénario soit fluide, il semble manquer d’une certaine homogénéité, à l’image du contraste qui existe entre le didactique procès de Mézoké et sa fuite pour le moins mouvementée pour retrouver et sauver Caleb.
Justice, album de transition, marque peut-être le pas sur ses prédécesseurs mais demeure d’une belle qualité graphique et scénaristique. De la vraie bande dessinée de science-fiction innovante et terriblement dépaysante.
lundi 24 septembre 2012
Mourir pour Florence...
Billet sur le one-shot Lorenzaccio
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© 12bis 2011 - Penet
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Servir pour mieux trahir, se renier devant une ville en liesse pour pouvoir rester fidèle à ses idéaux, toujours entre deux mondes et entre deux faux-semblants, Lorenzaccio hante Florence de sa silhouette androgyne(1), sacrifiant presque tout à l’accomplissement de son œuvre.
Que Musset est loin ! Les souvenirs d’une scolarité passée ne peuvent raviver une mémoire qui part en lambeau et Lorenzaccio n’éveille plus qu’un écho lointain sans véritable consistance ! Heureusement que Régis Peynet lui se souvient et offre aux amnésiques une seconde chance.
Dégageant la pièce de son contexte historique, pour la projeter dans une Florence atemporelle, l’auteur drômois met en exergue l’intemporalité et l’universalité de ce chef d’œuvre du Romantisme. Mais au-delà de sa dimension littéraire, cet album possède une portée graphique et esthétique rare. L’ensemble des planches est tout simplement superbe de précision et d’expressivité et transcende le spleen suicidaire du descendant des Médicis.
Un bien bel ouvrage sur la décadence et la vacuité d’une existence sans but, fut-il inutile et vain !
Que Musset est loin ! Les souvenirs d’une scolarité passée ne peuvent raviver une mémoire qui part en lambeau et Lorenzaccio n’éveille plus qu’un écho lointain sans véritable consistance ! Heureusement que Régis Peynet lui se souvient et offre aux amnésiques une seconde chance.
Dégageant la pièce de son contexte historique, pour la projeter dans une Florence atemporelle, l’auteur drômois met en exergue l’intemporalité et l’universalité de ce chef d’œuvre du Romantisme. Mais au-delà de sa dimension littéraire, cet album possède une portée graphique et esthétique rare. L’ensemble des planches est tout simplement superbe de précision et d’expressivité et transcende le spleen suicidaire du descendant des Médicis.
Un bien bel ouvrage sur la décadence et la vacuité d’une existence sans but, fut-il inutile et vain !
(1) Sans doute pour rappeler qu’avant Gérard Philipe
et Francis Huster, ce rôle fut joué par des femmes, dont une certaine Sarah
Bernhardt !
Les Folies Bergère... ou l'éloge de la folie !
Chronique sur le one-shot Les Folies Bergère
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© Dargaud 2012 - Porcel & Zidrou
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La 17e compagnie d’Infanterie a baptisé sa tranchée "Les Folies Bergère" ! Piètre facétie qui ne peut faire oublier que, même entre deux assauts, la mort et la déraison sont tapies dans les recoins de chaque sapine. Elles attendent leur heure, sans impatience, sûres de leur fin !
Bien que le dernier Poilu soit aujourd’hui décédé et que ceux qui la vécurent deviennent de plus en plus rares, la Première Guerre mondiale fascine toujours. De Tardi à Gibrat, en passant par les duos Maël/Kris, Breccia/Dorison ou Mounier/Cothias… beaucoup de dessinateurs et de scénaristes ont fait de la Der des Ders la toile de fond de quelques-unes de leurs plus belles planches. Aujourd’hui, Zidrou et Porcel proposent leur vision d’un conflit qui faucha toute une génération.
Au-delà des batailles qui opposèrent la France de Clemenceau à l’Empire germanique de Guillaume II, Les Folies Bergère s’attache au sort d’un capitaine et de sa compagnie. Dans ces tranchées où l’avenir consiste à pouvoir survivre jusqu’au lendemain, même les esprits les plus aguerris, même ceux anesthésiés par les assauts répétés finissent par vaciller. C’est cette lente descente vers la folie que retrace cet album. Zidrou s’attache à décrire comment ces hommes tiennent grâce à leur humour de caserne, l’alcool, la dérision, la foi, le souvenir de temps meilleurs, ou la douceur pernicieuse des permissions. Pour traduire, cette terreur qui ronge les esprits aussi sûrement que l’acide attaque les aciers les mieux trempés, le scénariste belge emploie un procédé narratif pour le moins original puisqu’il oppose la vie des premières lignes à celle de l’arrière ! Ainsi, l’antagonisme entre le fracas des canons du front et la chaleur de quelques conquêtes généreusement rémunérées ou la quiétude du jardin de Monet est saisissant. Comment peut-on s’entretuer pendant que s’écrit l’une des pages les plus riches de la peinture moderne ? Comment peut-on encore peindre lorsque des hommes meurent pour leur pays ?
Entre un futur qui ne dure pas plus de quelques jours, un présent qui ne peut que compter ses morts et un passé qui s’estompe inéluctablement, les soldats, comme le scénario, basculent lentement dans l’irrationnel. Usés, marqués dans leur chair, les hommes n’ont même plus la force de lutter contre la démence ou l’hallucination collective que Francis Porcel met si bien en scène. Le dessin singulièrement évocateur du jeune Espagnol possède un réalisme qui s’inscrit plus dans l’impression que dans la précision et offre une belle homogénéité de tons et de propos avec un récit des plus noirs. Au-delà du trait, le jeu des couleurs imprègne l’album, car aux gris du quotidien et à son corollaire, le rouge du sang, ne répondent que la subtilité et la douceur des Nymphéas du maître de Giverny, seule touche d’espoir dans cet univers plombé par la guerre.
Avec cet album prenant et subtil, Benoit Drousie, ne cesse de surprendre. Scénariste à succès, notamment avec les pitreries scolaires d’un Ducobu porté par deux fois à l’’écran, il sait aussi écrire des histoires tendres - Lydie - et profondes - La peau de l’ours. Avec Les Folies Bergère, il confirme son talent dans un one-shot des plus saisissants, magistralement dessiné par Francis Porcel.
Bien que le dernier Poilu soit aujourd’hui décédé et que ceux qui la vécurent deviennent de plus en plus rares, la Première Guerre mondiale fascine toujours. De Tardi à Gibrat, en passant par les duos Maël/Kris, Breccia/Dorison ou Mounier/Cothias… beaucoup de dessinateurs et de scénaristes ont fait de la Der des Ders la toile de fond de quelques-unes de leurs plus belles planches. Aujourd’hui, Zidrou et Porcel proposent leur vision d’un conflit qui faucha toute une génération.
Au-delà des batailles qui opposèrent la France de Clemenceau à l’Empire germanique de Guillaume II, Les Folies Bergère s’attache au sort d’un capitaine et de sa compagnie. Dans ces tranchées où l’avenir consiste à pouvoir survivre jusqu’au lendemain, même les esprits les plus aguerris, même ceux anesthésiés par les assauts répétés finissent par vaciller. C’est cette lente descente vers la folie que retrace cet album. Zidrou s’attache à décrire comment ces hommes tiennent grâce à leur humour de caserne, l’alcool, la dérision, la foi, le souvenir de temps meilleurs, ou la douceur pernicieuse des permissions. Pour traduire, cette terreur qui ronge les esprits aussi sûrement que l’acide attaque les aciers les mieux trempés, le scénariste belge emploie un procédé narratif pour le moins original puisqu’il oppose la vie des premières lignes à celle de l’arrière ! Ainsi, l’antagonisme entre le fracas des canons du front et la chaleur de quelques conquêtes généreusement rémunérées ou la quiétude du jardin de Monet est saisissant. Comment peut-on s’entretuer pendant que s’écrit l’une des pages les plus riches de la peinture moderne ? Comment peut-on encore peindre lorsque des hommes meurent pour leur pays ?
Entre un futur qui ne dure pas plus de quelques jours, un présent qui ne peut que compter ses morts et un passé qui s’estompe inéluctablement, les soldats, comme le scénario, basculent lentement dans l’irrationnel. Usés, marqués dans leur chair, les hommes n’ont même plus la force de lutter contre la démence ou l’hallucination collective que Francis Porcel met si bien en scène. Le dessin singulièrement évocateur du jeune Espagnol possède un réalisme qui s’inscrit plus dans l’impression que dans la précision et offre une belle homogénéité de tons et de propos avec un récit des plus noirs. Au-delà du trait, le jeu des couleurs imprègne l’album, car aux gris du quotidien et à son corollaire, le rouge du sang, ne répondent que la subtilité et la douceur des Nymphéas du maître de Giverny, seule touche d’espoir dans cet univers plombé par la guerre.
Avec cet album prenant et subtil, Benoit Drousie, ne cesse de surprendre. Scénariste à succès, notamment avec les pitreries scolaires d’un Ducobu porté par deux fois à l’’écran, il sait aussi écrire des histoires tendres - Lydie - et profondes - La peau de l’ours. Avec Les Folies Bergère, il confirme son talent dans un one-shot des plus saisissants, magistralement dessiné par Francis Porcel.
samedi 22 septembre 2012
Effeuillage de Violette...
Billet sur l'opus 1 de Burlesque Girrrl : Musique
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© Ankama Éditions 2012 - Amoretti
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Violette, Peter, Morgan et Juan,
membres de Grrrl vivent leur musique sans concession, mais en attendant une
gloire qui tarde à se manifester, ils subsistent grâce à de petits boulots. Toutefois,
les choses changent peu à peu et après un contact avorté avec un label indépendant,
Colleen Duffy - l’idole de Violette - se propose de les faire signer pour 3 albums.
Parallèlement, la jeune contrebassiste se met à composer et à assumer ses
formes dans des effeuillages d’enfer… au grand dam de Peter qui voit sa petite
amie s’éloigner de lui…
En tant que scénariste et
dessinateur, François Amoretti sait mettre son héroïne en valeur grâce à son
graphisme onirique et à un scénario qui, s’il prend l’ascension du groupe comme
prétexte, est en fait axé sur la quête identitaire de la jolie pin-up aux
charmes voluptueux. Fortement marqué par l’iconographique des mangas, le jeune
provençal arrive, avec ses angles de vues et ses planches hors cadre délicatement
et richement colorées, à déstructurer un récit par trop linéaire, donnant ainsi
à l’album un rythme qui lui fait parfois défaut !
Burlesque Girl est quelque peu inclassable ! À n’en pas douter
François Amoretti a pris le risque de faire un album qui lui plait. Ce premier opus est donc une excellente occasion
de faire connaissance avec la voix Colleen Duffy ou l’univers burlesquement sensuel de Lady Flo, les
belles américaines suralimentées et les femmes aux formes généreuse…ment
tatouées !
mardi 18 septembre 2012
H’Angus the Monkey...
Chronique sur le one-shot Le singe de Hartlepool
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© Delcourt 2012 - Moreau & Lupano
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En 1814, les relations entre la France et la perfide Albion ne sont pas au beau fixe et ce même jusqu’à Hartlepool, charmant village du comté de Durham ! Il faut dire que les habitants du coin sont de fins connaisseurs de la géopolitique européenne et qu’ils entretiennent les meilleures relations du monde avec les bouseux de Seaham ou ces dégénérés de culs-à-l’air d’Ecossais. Alors quand un marin de la Grande Armée vient s’échouer sur leurs côtes, c’est le délire. Le problème est que le matelot en question est… un malheureux singe !
Basée sur une anecdote qui veut que les habitants de ce village de la côte Est de l’Angleterre aient, en leur temps, confondus un primate et un valeureux soldat de la République, Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau profitent de l’occasion pour brocarder sans ménagement tous les va-t-en-guerre et nationalistes de tout poil. Car le thème central du Singe de Hartlepool est bien celui-là, la xénophobie et de son corolaire, l’ignorance. En disséquant les mœurs et les certitudes de cette petite communauté anglo-anglais, où le taux de crétinisme est en relation directe avec le taux de consanguinité, les auteurs s’attachent à stigmatiser le communautarisme.
Même si les dialogues sont ironiques et pleins d’à propos et si le trait est caustique à souhait et ne permet pas forcément (et sciemment) de faire la distinction entre des idiots congénitaux et un pauvre chimpanzé, il est cependant désorientant de constater que, malgré les efforts de certains, les mentalités n’ont globalement guère évolué depuis deux cents ans.
Un album haut en couleurs, subtil et incisif qui stigmatise la bêtise humaine tout en apportant une petite lueur d’espoir … quoique !
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